Participer à votre premier triathlon longue distance
Toby Simmons, ambassadeur de Zone3, te raconte son expérience lors de son premier triathlon longue distance : le Challenge Roth.
« J’ai fait ma première longueur à la nage en tant qu’adulte en novembre 2023, et 7 mois plus tard, j’ai terminé un triathlon longue distance ! »
Mes débuts en triathlon
Côté sport, mon parcours a été incroyablement varié. Je me suis essayé au ski acrobatique de compétition au début de la vingtaine, j’ai été joueur de rugby à l’adolescence et, depuis, je suis guide cycliste, coureur de trail, adepte assidu de la salle de sport et pratiquant de powerlifting.
Mon objectif en me lançant dans le triathlon, c’était de sortir un peu des sentiers battus en conservant une force de levage élevée et ma masse musculaire, tout en réalisant de super temps lors des épreuves de triathlon.
Je suis super fier d’y être parvenu à la fois à l’Ironman 70.3 de Venise-Jesolo et maintenant au Challenge Roth.
Pour te donner un peu de contexte, j’ai nagé ma première longueur en tant qu’adulte en novembre 2023. J’ai ensuite bouclé mon premier 70.3 en 5 heures et 18 minutes début mai. Et maintenant, avoir aussi un triathlon complet à mon actif, ça me semble surréaliste.
Mes objectifs pour l’avenir sont de passer sous la barre des 5 heures au 70.3 et de descendre sous les 11 heures en distance intégrale au cours des 12 prochains mois, tout en conservant un physique et des performances en musculation qui sortent de l’ordinaire dans ce sport. Je vais continuer à prouver qu’on peut mener une vie super chargée mais équilibrée tout en réalisant de belles performances lors d’événements incroyables comme Roth, partout dans le monde.
Compte-rendu de course – Triathlon longue distance au Challenge Roth 2024
Mes impressions avant Roth
J’étais très nerveux et inquiet, vu que j’allais m’attaquer à mon premier Ironman six mois plus tôt que prévu initialement et seulement sept mois après avoir commencé à m’entraîner pour le triathlon. Mais comme je m’y attendais, dès que j’ai mis les pieds dans l’eau, le trac s’est envolé et j’étais complètement dans le coup, prêt à courir.
La natation
La natation reste un sport qui m’est encore très étranger : je sais nager, mais j’ai encore énormément de travail à faire pour m’améliorer. Mon objectif était de passer cette épreuve sans problème et de me mettre en condition pour une étape vélo rapide. Je me suis retrouvé pris dans quelques petits bousculades pour gagner de la place, comme ça m’arrive toujours dans l’eau, mais je m’en suis bien sorti. Je ne me suis pas du tout senti fatigué pendant la natation et je me suis concentré sur ma course, pas sur ceux qui m’entouraient.
Le vélo
C’est ma discipline la plus forte, mais malheureusement celle où un problème mécanique a presque complètement gâché ma course. C’est de ma faute : j’avais trop serré les vis de mon dérailleur avant, ce qui l’empêchait d’avoir la mobilité nécessaire pour passer d’un plateau à l’autre sous l’effort. Du coup, pendant toute la course, j’ai dû passer du grand au petit plateau avec mon doigt tout en roulant. Puis, vers le 140e km, j’ai arraché tout le dérailleur avant du cadre en essayant d’utiliser le levier de vitesses. Heureusement, j’avais des vis de rechange et des colliers de serrage dans ma bidon de rechange, et j’ai réussi à parcourir les 40 derniers kilomètres (y compris les plus grosses montées) en grand plateau pour ramener le vélo à la maison. C’est vraiment dommage, car vu mes statistiques de départ à vélo, je pense que j’aurais pu passer sous la barre des 11 heures si je n’avais pas eu ces problèmes.
La course à pied
J’ai sauvé ma course pendant la course à pied en respectant mon plan d’alimentation et de rythme tout au long du parcours. Ma seule règle : pas de marche, manger de la vraie nourriture et bien m’hydrater. Ça a super bien marché et j’ai réussi à terminer en 3 h 55, alors que mon objectif était de passer sous la barre des 4 heures. Je n’ai pas eu de crampes, juste quelques petits problèmes d’estomac, et je me suis senti en forme tout au long du parcours. Vers le 30e km, j’ai atteint « la zone difficile », et à partir de là, tout est devenu une question de force mentale. Il n’y a rien de comparable aux 3 derniers kilomètres : en traversant la ville de Roth, puis en foulant ce tapis vert, je me suis retrouvé incroyablement ému. Entendre dans les haut-parleurs « de Grande-Bretagne, Toby Simmons » m’a fait craquer, et c’est difficile d’expliquer à quel point ça m’a fait du bien, malgré mes problèmes techniques, d’entrer dans le stade avec un temps très honorable de 11 heures 20 minutes.
L’événement
Le Challenge Roth ne ressemble à rien de ce que j’ai connu auparavant. L’organisation, la préparation, la foule… tout semblait pensé pour l’expérience des athlètes, et ils n’auraient vraiment pas pu faire mieux. Vraiment incroyable. Je me suis senti super chanceux d’être là en tant que membre de l’équipe Zone3, et c’était génial de retrouver tout le monde et de tout donner ce dimanche-là.
Conseils pour t’attaquer à ta première longue distance
À faire
Renseigne-toi, entraîne-toi et respecte ton plan nutritionnel tout au long de la course. Ne te laisse pas tenter de t’en écarter.
Passe 80 à 90 % de ta période d'entraînement préparatoire en Zone 2, c'est là que tu en auras le plus pour ton argent quand il s'agit de longue distance.
Fais-toi accompagner pendant la course : ça change tout de voir des gens que tu connais tout au long du parcours.
Entraîne-toi à nager en combinaison en eau libre : c'est très différent de la piscine et tu ne veux pas paniquer le jour de la course.
Assure-toi que ton équipement dans tes sacs de transition est prêt : prévois des ravitaillements supplémentaires au cas où quelque chose serait endommagé ou se ferait la fêlure pendant le transport, et laisse tes lacets lâches (ou opte pour des lacets élastiques) pour pouvoir enfiler facilement tes chaussures avant la course à pied.
Détends-toi avant le départ, c’est très facile de s’énerver à l’idée de ce que tu t’apprêtes à faire. Respire profondément, puis concentre-toi sur chaque mouvement de nage, de pédalage et de course au fur et à mesure.
Laisse-toi de l’espace pendant la natation. Un bras ou un pied qui dérape peut vraiment te faire perdre du temps, alors entraîne-toi à repérer et à ajuster ta trajectoire pour te donner les meilleures chances de garder le rythme et de rester détendu dans l’eau.
À ne pas faire
Ne te laisse pas tenter de trop te ravitailler si tu commences à faiblir un peu. Les bienfaits du ravitaillement sont différés, alors ne bois pas d’eau ou de boissons électrolytiques à grandes gorgées et ne mange pas trop dans l’espoir désespéré de te sentir mieux. Mange peu et souvent, et attends que ça fasse effet.
Ne te lance pas à fond dès la sortie du vélo pour la course à pied. Entraîne-toi avec des enchaînements vélo-course à pied et concentre-toi sur le maintien de ton rythme cible dès que tu descends du vélo : tu te sentiras incroyablement rapide, mais cette sensation s’estompera vite si tu pars trop fort.
Ne te laisse pas décourager si tes temps ne sont pas à la hauteur de tes attentes. C’est déjà un défi énorme en soi, sans parler des contraintes de temps que tu t’imposes. Profite pleinement de l’expérience, donne tout ce que tu peux et concentre-toi sur le fait de franchir la ligne d’arrivée.
Négliger la musculation pendant la préparation. Je ne me suis jamais blessé et j’attribue en grande partie ça à la quantité de musculation que j’intègre dans mon programme de triathlon.
Préparation mentale
Oublie tout le monde, c’est ta course. C’est toi contre toi-même, et tu es le seul à te mettre la pression. N’oublie pas que franchir la ligne d’arrivée est déjà un exploit énorme en soi ; oublie tes objectifs de temps pour ta première course et profite pleinement de cette expérience incroyable pour ce qu’elle est. Si tu sens que tu peux encore donner un peu plus pendant la course à pied, puis puise dans tes réserves et donne tout ce que tu as.
Entoure-toi de ta famille et de tes amis pendant la période qui précède la course ; ce moment sera idéal pour te changer les idées et te faire oublier la tâche qui t’attend.
Surmonter les difficultés
Prépare-toi au pire, donne tout ce que tu as jusqu’à ce que n’importe quoi arrive, et continue malgré tout. Mon dérailleur avant n’a pas fonctionné pendant les 180 km de vélo à Roth et j’ai dû le faire passer manuellement avec mon doigt tout en roulant en roue libre pendant la course. Au final, ça m’a amené à l’arracher complètement au km 140. Est-ce que ça m’a énervé ? Oui, mais j’ai pris une grande inspiration, je me suis rendu compte que la seule personne qui pouvait me sortir de là, c’était moi : on répare du mieux qu’on peut et on continue.
Laisse le temps à ton ravitaillement de faire effet, ne te précipite pas et ne te jette pas sur la nourriture par panique.
N’hésite pas à faire du surplace pendant une seconde pendant la natation.