Dix ans, un objectif : le parcours pour réaliser mon rêve de championnat du monde Ironman

Comment se qualifier pour le Championnat du monde Ironman : un parcours fondé sur un entraînement constant, des revers, une stratégie de course, une résilience et une confiance en soi inébranlable.
Date: September 17, 2025
Time: 11 min
a flag with the Ironman Triathlon logo and words world championship on it, against a backdrop of ocean

Il y a dix ans, par une journée pluvieuse et venteuse de septembre, je me suis inscrit à mon tout premier triathlon Ironman à Bolton, où il pleuvait et soufflait fort.


À l’époque, je n’avais aucune idée de ce que cette décision allait finalement déclencher. La course a été éprouvante, inoubliable, et elle m’a donné envie de repousser mes limites bien au-delà de ce que je croyais possible.


Cinq ans plus tard, après avoir participé à d’innombrables triathlons et surmonté une opération du dos, j’ai écrit un message sur mon frigo : un objectif sur cinq ans pour me qualifier et terminer le Championnat du monde Ironman.

a man is posing for a selfie in front of an Ironman World Championship sign

Comment se qualifier pour le Championnat du monde Ironman

Se qualifier pour le Championnat du monde Ironman est un objectif difficile à atteindre dans les sports d’endurance, car il ne s’agit pas seulement de terminer la course, mais aussi de se classer parmi les meilleurs de sa catégorie d’âge.


Chaque épreuve Ironman se voit attribuer un nombre limité de places pour le championnat du monde, qui sont ensuite réparties entre les catégories d’âge. En général, ça veut dire que tu dois finir dans les premiers pour cent de ta catégorie, c’est-à-dire parmi les 3 à 5 premiers athlètes selon le nombre de participants. Après la course, ces places tant convoitées sont attribuées lors d’une cérémonie et si quelqu’un devant toi ne prend pas sa place, celle-ci revient au suivant dans le classement.


Pour moi, cette percée s’est produite lors de l’Ironman Canada en 2024. J’avais ciblé cette course parce que le parcours mettait en valeur mes points forts (et puis, pourquoi ne pas profiter de l’occasion pour faire des vacances !) et, après des années d’entraînement structuré, j’ai enfin réalisé la performance dont j’avais besoin.


Je me suis classé suffisamment haut dans ma catégorie d’âge pour être en lice pour une place, et quand la cérémonie a commencé, on a appelé mon nom. C’était un moment surréaliste, là, debout, en sachant que tous ces réveils tôt le matin, ces blocs d’entraînement interminables et ces revers m’avaient mené jusqu’ici.

Objectifs et revers

Ce petit mot sur le frigo est devenu un rappel quotidien, quelque chose que je jetais un coup d’œil chaque matin avant de partir au boulot, ou en me faisant un café. Ça m’a permis de tenir le coup quand l’entraînement me semblait interminable et quand les blessures ou les revers menaçaient de me faire dérailler.


Cette dernière année, c’était la dernière ligne droite. Une année entière d’entraînement structuré, de réveils matinaux, de longs week-ends et de sacrifices — tout ça pour cette course-là.


Puis, alors que tout se mettait en place, j’ai attrapé une pneumonie à six semaines du départ. Ça m’a complètement cloué au lit, m’a forcé à faire des semaines de repos – ce que je ne supporte pas trop – et m’a laissé me demander si j’arriverais même à me présenter sur la ligne de départ à Nice.


À l’approche de la semaine de la course, je ne savais pas trop de quoi mon corps était capable et, contrairement à d’habitude avant les courses, j’étais super nerveuse.

La semaine de la course à Nice : stress et soutien

Ma famille et mes amis sont venus en force à Nice, en France, pour les Championnats du monde. Ma compagne Jordan, son père Steve, qui a fait le voyage depuis Leeds pour veiller sur elle alors qu’elle était à six semaines de son accouchement, mon père, ma tante, ma sœur, ainsi que mes amis Tom, Guy, Claire et Vicky.


J’avais aussi deux amis, David et Emilio, qui couraient tous les deux avec moi, comme l’année dernière au Canada.


Le soutien de tous ceux que j’aime le plus, c’est ce qui m’a permis de garder le sourire.


Comme j’avais eu un jour de congé pour faire le voyage depuis mon boulot, j’ai pu profiter d’une journée de détente avant la course et commencer à me préparer mentalement. Il faisait chaud, le parcours avait l’air redoutable, et mon vélo semblait bien réglé et prêt. Je me sentais calme et plein d’énergie. 

Le jour de la course à Nice

La natation

Après une nuit agitée, le matin de la course nous a réservé une surprise : une épreuve de natation sans combinaison, avec un départ en eau profonde. Pas idéal, mais tout aussi passionnant.


Le coup de départ a retenti et on s’est lancés dans les 3,8 km de natation dans les eaux turquoise de Nice. Magnifiques, oui, mais incroyablement salées. À mi-parcours, je me sentais en forme – même si j’avais pas mal d’eau de mer dans le ventre. J’ai quand même trouvé mon rythme et je suis sorti en 1 heure 26 minutes, un temps qui m’a plus que satisfait – par contre, les irritations avaient commencé – j’étais sûr que c’était une méduse – mais non – c’était juste mon corps qui frottait contre lui-même.


Le vélo

En sortant de l’eau, j’ai failli passer en trombe devant mon porte-vélo, tellement j’étais distrait par les encouragements de ma famille. La zone de transition n’était qu’un tourbillon de sourires et d’adrénaline. J’ai attrapé mon vélo, je me suis aspergé d’eau froide (mauvaise idée — ça n’a fait qu’empirer les irritations), et je me suis élancé sur le parcours.


La partie vélo s’est déroulée sous une chaleur accablante. Une chaleur étouffante et implacable qui rebondissait sur le bitume, et les 60 premiers kilomètres en montée étaient aussi intimidants qu’on me l’avait dit : rien que de la montée.


À ce moment-là, j’ai pris une décision consciente : aujourd’hui, ce n’était pas une question de course. Aujourd’hui, il s’agissait de profiter pleinement de l’expérience, peu importe le temps que ça prendrait. Alors, au lieu des 6 h 30 prévues à vélo, j’ai pédalé à travers les montagnes françaises pendant 7 h 30, en m’imprégnant des paysages, du charme des petits villages et des cris d’encouragement des habitants.


Les descentes, c’était une autre histoire. Rapides, techniques et dangereuses : les ambulances me dépassaient trop souvent à mon goût. Conscient de mes limites, j’ai gardé une bonne prise sur les freins et j’ai préféré pécher par excès de prudence. Pour une fois, pas de problèmes mécaniques, pas d’incidents majeurs, juste une progression régulière et de la gratitude d’avoir la chance de rouler au milieu de paysages aussi époustouflants – le mantra qui me revient sans cesse à l’esprit : c’est un privilège de faire la course.


La course à pied

En arrivant à la zone de transition, la voix de Tom a résonné par-delà les barrières, me donnant le coup de pouce parfait avant d’aborder ma discipline préférée : le marathon.

C’est en
courant que je me sens le plus à l’aise, et je me suis élancée débordante d’énergie. Je savais que David avait un peu d’avance sur moi, et une partie de moi voulait le rattraper, mais une autre partie voulait juste savourer chaque foulée. Le parcours le long de la promenade était spectaculaire, avec des vues sur la mer et ce genre d’encouragements de la foule qui te font te sentir comme une rock star. Je me suis arrêtée aux points musicaux pour danser, j’ai posé pour des photos avec ma famille et j’ai tapé dans la main des enfants au bord de la route.


Les irritations n’avaient pas disparu comme par magie, et pour ne rien arranger, les gels ont commencé à suivre leur propre plan de course dans mon estomac. Vers la moitié du parcours, j’ai lutté contre des vagues de nausées avant de finir par me réfugier dans des toilettes portables pour un arrêt technique nécessaire, même si c’était pas très glamour. J’en suis ressortie plus légère et déterminée à continuer.


L’un des moments forts a été quand j’ai enfin rattrapé David. Partager quelques photos et rigoler ensemble sur le parcours m’a rappelé que ces courses, c’est avant tout le parcours, pas la ligne d’arrivée. Finalement, j’ai continué sur les 10 derniers km, les jambes lourdes, mais le sourire aux lèvres.


La dernière ligne droite le long de la Promenade des Anglais était électrique. L’ambiance, le paysage, le fait de savoir que c’était le Championnat du monde Ironman… tout ça m’a submergé d’un seul coup. Je rêvais de ce moment depuis des années. Franchir cette ligne d’arrivée, ce n’était pas juste une course ; c’était dix ans de persévérance, d’échecs, de rétablissement et de conviction inébranlable.


Quand j’ai enfin franchi la ligne, l’émotion était immense. Soulagement, fierté, joie, tout ça m’a submergé. C’était un objectif de longue haleine, griffonné sur un frigo et porté à travers d’innombrables séances d’entraînement, et maintenant, c’était devenu réalité.

Un rêve devenu réalité

Je n’aurais jamais pu y arriver sans le soutien de mon compagnon Jordan. Il a supporté mes réveils à 5 h du matin, les montagnes de vêtements en Lycra dans la lessive et mes discussions incessantes sur les temps et les vélos : c’est un vrai coéquipier et un soutien dont je n’aurais même pas osé rêver quand je me suis fixé cet objectif il y a 5 ans.


Je pense que c’est peut-être le moment pour moi de raccrocher mes chaussures d’Ironman. Ça me semble tout à fait approprié de clore ce chapitre ici, à Nice, lors du Championnat du monde. Quoi qu’il arrive ensuite, je sais que j’ai pleinement vécu ce rêve, et je n’aurais pas pu rêver d’une meilleure façon de le terminer.

ironman triathlon swim start nice
ironman triathlon swim start nice
ironman triathlon support crew

Conseils pour se qualifier pour le championnat du monde Ironman

Quand j’ai griffonné pour la première fois « Se qualifier pour les Championnats du monde » sur un post-it collé sur mon frigo, je n’avais aucune idée du nombre d’années d’entraînement, de revers et de persévérance que ça allait demander. Se qualifier pour le Championnat du monde Ironman, ça n’arrive pas par hasard, c’est le fruit d’un tas d’efforts cumulés. 


Voici les conseils qui m’ont aidé à transformer ce petit mot sur le frigo en ligne d’arrivée.

  1. Choisis la course qui te convient. Tous les Ironman ne se valent pas, et faire le bon choix peut faire toute la différence. Cherche un parcours qui correspond à tes points forts. Si tu es un bon grimpeur, un parcours cycliste vallonné te conviendra peut-être ; si tu préfères les températures plus fraîches, évite les courses chaudes et humides. Pour moi, choisir la bonne course ne se résumait pas seulement à me qualifier ; il s’agissait de me mettre dans les meilleures conditions pour réaliser la meilleure performance possible.

  2. Sois régulier dans ton entraînement. Se qualifier ne se fait pas du jour au lendemain (pour la plupart d’entre nous !) ; c’est le résultat d’années passées à honorer ses séances, même quand la motivation est au plus bas. Même quand la vie est bien remplie, c’est la régularité qui te permet de développer l’endurance dont tu auras besoin. Il ne s’agit pas de faire des séances surhumaines chaque semaine, mais d’accumuler des mois et des mois de travail régulier. Ces petits efforts constants ont bien plus d’impact que de courtes poussées d’intensité.

  3. Adopte une approche à long terme. Pour moi, me qualifier n’a jamais été une question de précipitation, mais plutôt de jouer la carte du long terme. Je me suis fixé un plan sur cinq ans, et chaque année, je me suis concentré sur une discipline à améliorer. Une année, c’était la natation, l’année suivante le vélo, puis je me suis vraiment consacré à la course à pied. Cette vision à long terme m’a libéré de la pression et m’a permis de progresser régulièrement.

Les meilleurs conseils pour profiter pleinement du championnat du monde Ironman

Se retrouver sur la ligne de départ du Championnat du monde Ironman, c’est surréaliste. Après des années d’entraînement, le moment est enfin arrivé et on peut facilement se laisser envahir par le trac ou le doute.


Ce qui m’a le plus aidé, c’est de me concentrer sur quelques vérités simples qui m’ont permis de garder les pieds sur terre, de rester serein et de profiter de la course dont j’avais toujours rêvé.


  1. Tu es arrivé jusqu’ici, alors profite pleinement de cette journée. Se retrouver sur la ligne de départ du Championnat du monde Ironman est déjà un exploit que très peu de gens dans le monde auront la chance de vivre. Ne laisse pas le trac ou la pression t’empêcher de profiter de l’instant présent. Imprègne-toi du paysage, de la foule et de l’énergie qui t’entourent. Souris, remercie les bénévoles et rappelle-toi que c’est la célébration de toutes ces heures, de ces réveils matinaux et de tous les sacrifices que tu as consentis.

  2. Alimente-toi intelligemment et gère ton rythme. Ça semble tellement évident, mais on se laisse si facilement emporter par l’adrénaline le jour de la course. Respecte le plan nutritionnel que tu as mis en pratique à l’entraînement et ne laisse pas l’excitation te pousser à y aller trop fort trop tôt pour suivre le rythme de ceux qui t’entourent. Garde une fréquence cardiaque modérée, reste régulier, et n’oublie pas que l’objectif est de finir en beauté, pas de jouer les héros pendant les 20 miles de départ. Comme ça, tu éviteras le redoutable coup de pompe et tu te donneras les meilleures chances de profiter pleinement de la journée tout en restant « compétitif ».

  3. Fais confiance au processus. Tu t’es entraîné, tu as fait preuve de régularité et tu es arrivé jusqu’ici pour une bonne raison. Le jour de la course, il ne s’agit pas de te demander si tu es prêt, mais de laisser tout ce travail te porter. Quand ça devient difficile, rappelle-toi les séances que tu as réussies, les progrès que tu as réalisés et la résilience que tu as développée au fil des mois et des années.

Écrit par Stan Colomb, ambassadeur Zone3

Équipement pour le championnat du monde de triathlon

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